28 janvier 2010:

Le Temps : LeTrike au Musée des Transports

Relève: Au forum de Lucerne, des étudiants du Centre professionnel du Nord vaudois de Sainte-Croix présentaient leur "Trike" électrosolaire.

LUCERNE, 26 JANVIER 2010

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Contact? Contact! Le démarrage de la voiture électrique en Suisse a peut-être eu lieu mardi et mercredi au Musée des transports de Lucerne. Le premier Forum suisse de la mobilité électrique a accueilli plus de 300 spécialistes et politiciens, signe de l'intérêt vif pour ce type de propulsion alternative. Une «charte de Lucerne» a été signée par les acteurs du forum. Celui-ci était soutenu par l'Office fédéral des routes, le TCS, les fournisseurs d'électricité et Nissan.

Pas trop tôt. Par rapport à ses voisins européens, la Suisse est très en retard dans les initiatives, la volonté politique, la mise en place des infrastructures et des conditions-cadres nécessaires à l'essor de la voiture électrique. L'Allemagne, l'Autriche ou le Portugal se dotent ces jours d'ambitieuses stratégies nationales de développement électromobile. Ailleurs dans le monde, les investisseurs sont aux aguets. Lundi, un groupe de financiers mené par HSBC Group a insufflé 350 millions de dollars dans la start-up californienne Better Place, qui installera notamment des bornes de recharge au Danemark et en Israël.

Les investisseurs sont en revanche frileux en Suisse. Le financier Lorenzo Schmid, patron de l'entreprise alémanique Mindset, est venu expliquer au forum comment la recherche de fonds pour produire sa voiture électrique haut de gamme est restée vaine sur le territoire helvétique, mais s'est révélée fructueuse en Allemagne. Alors même que le développement des véhicules électriques est une chance de croissance économique, en particulier pour les nombreuses entreprises suisses spécialisées dans l'électromécanique, les systèmes électriques ou les capteurs.

Venu lancer le forum, Moritz Leuenberger a estimé que la voiture électrique peut réduire notre dépendance aux carburants fossiles, et abaisser les émissions de CO2 du trafic routier. Mais attention: selon le conseiller fédéral, ce genre de véhicule n'est pas une panacée. Si les quatre millions de voitures à essence ou diesel qui roulent en Suisse devaient être remplacées d'un coup par des équivalents électriques, la consommation de courant du pays augmenterait d'un cinquième. Ce qui représenterait une fois et demie la production de la centrale de Gösgen, ou 3200 centrales éoliennes, ou encore 9300 installations solaires de la taille du Stade de Suisse à Berne. De plus, a noté Moritz Leuenberger, si l'essence se volatilisait au profit de l'électricité, l'Etat devrait alors trouver des revenus de substitution. Les infrastructures dédiées à la mobilité en Suisse sont largement financées par les taxes sur les carburants, à raison de 3,6 milliards par année. Faudra-t-il taxer la mobilité en général?

Mais personne, au forum de Lucerne, n'imaginait que les automobiles à carburants fossiles laisseront rapidement leur place à leurs homologues à batteries. Hans Schweickardt, patron de l'organisation faîtière Swisselectric, a relevé que si 720 000 véhicules électriques devaient circuler en Suisse à l'horizon 2020, la consommation de courant n'augmenterait que de 1,8 à 2,6% par rapport à l'année 2007. Autre réalité dont il faudra de souvenir, selon Hans Schwei­ckardt: l'électricité suisse est produite quasiment sans émission de CO2.

Cela étant, l'introduction de tels véhicules propres sera progressive. La Leaf de Nissan, par exemple, n'arrivera en Suisse qu'au compte-gouttes dès 2011 et 2012. Il faudra aussi créer des infrastructures de recharge et de sérieuses incitations fiscales au niveau national. Au forum de Lucerne, la place de la voiture électrique était plutôt abordée en termes de complémentarité avec les voitures traditionnelles, et surtout avec les autres modes de transports. Le réseau, l'intermodalité, le «last mile» jusqu'au domicile, l'autopartage, voilà les maîtres mots du futur électrique de l'automobile.

L'investisseur Jan-Olaf Willums, qui a lancé la voiture électrique Think, a parlé à Lucerne des réseaux de partage de véhicules électriques qui se développent dans les entreprises scandinaves. Ainsi que dans les transports publics: à la gare d'Oslo, désormais, un seul billet de train suffit à un utilisateur pour prendre possession d'une voiture électrique réservée à l'avance. La Deutsche Bahn (DB), l'équivalent allemand des CFF, ne pense pas autrement. Elle n'est plus intéressée de permettre à ses usagers de se déplacer de gare en gare, mais de porte à porte. Comment? Grâce à la mise à disposition d'autres services de mobilité, dont les voitures électriques. Une plate-forme de test électromobile est actuellement en cours de réalisation à Berlin. L'intermodalité prônée par DB passe par les possibilités de planification des voyages qu'offre aujourd'hui Internet, et de mise en réseau des différents types de transport.

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